Numéro 30 18 : définition, origine et signification en France

3 0 1 8. Quatre chiffres simples, mais pour beaucoup d’élèves et de familles, cette suite de nombres est devenue un filet de sécurité. Lancé par le ministère de l’Éducation nationale, le numéro 3018 concentre désormais la réponse face au harcèlement scolaire en France. Gratuit, confidentiel, accessible depuis n’importe quel département, ce service téléphonique fonctionne du lundi au vendredi, sans exception.

Derrière la création de ce dispositif, une réalité qui ne faiblit pas : la multiplication des alertes a poussé les pouvoirs publics à muscler leur riposte. Sur la ligne, des professionnels à l’écoute, formés pour conseiller, orienter, agir vite. En cas d’urgence, la réponse ne tarde pas : l’accompagnement s’adapte à chaque situation, sans exposer inutilement les victimes.

Le harcèlement scolaire en France : comprendre un phénomène préoccupant

Le harcèlement scolaire frappe chaque année des milliers d’enfants et d’adolescents, du primaire au lycée. Dans les couloirs, mais aussi sur les réseaux, tout s’enchaîne : insultes, menaces, rumeurs, intimidations. La France n’est pas épargnée. Les études sérieuses constatent qu’environ un jeune sur cinq, entre 6 et 18 ans, a déjà fait les frais d’au moins un acte de cyberharcèlement. La violence ne s’arrête plus à la grille des établissements ; elle évolue en ligne, où les applications et les messageries démultiplient l’impact des agressions.

Face à ces chiffres, la loi française ne reste pas passive. Depuis 2014, le harcèlement, qu’il soit physique ou virtuel, peut entraîner jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende dès 13 ans, grâce à l’article 222-33-2-2 du code pénal. Les établissements scolaires ont désormais l’obligation de se doter d’un protocole solide contre ces violences, à travers le programme pHARe : prévention, formation, gestion rapide des alertes, chaque aspect est minutieusement encadré.

Impossible de lutter sans un réseau d’acteurs engagés. Parents, professeurs, équipes éducatives, associations : tous avancent ensemble pour identifier les situations de harcèlement, les signaler au plus tôt, et intervenir sans délai. Internet Sans Crainte propose aux jeunes des repères pour naviguer sur les réseaux sociaux. L’assurance scolaire MAE a intégré la prise en charge du cyberharcèlement dans ses contrats. L’enjeu pour chacun : ne plus fermer les yeux, soutenir victimes et témoins, et créer une dynamique où le silence n’a plus sa place.

Numéro 3018 : quelle origine et quelle mission face au harcèlement entre élèves ?

Le 3018 est devenu le numéro à retenir dès lors qu’il s’agit de signaler du harcèlement ou du cyberharcèlement. Il remplace le 3020 depuis la rentrée 2023, pour une mission élargie. L’association e-Enfance coordonne le service, en lien étroit avec le ministère de l’Éducation nationale, la plateforme Pharos, dédiée au signalement de contenus malsains, et le 119 (Enfance en danger). La consigne est claire : apporter un soutien immédiat et fiable à toute personne concernée par les violences numériques à l’école ou en dehors.

La promesse ne s’arrête pas à la gratuité et à la confidentialité du service, accessible tous les jours, de 9h à 23h. Chaque appel donne accès à une équipe d’experts, juristes et psychologues, formés pour écouter sans jugement, conseiller et épauler les familles, les élèves, ou même les professionnels confrontés à une urgence ou à une question précise.

Au quotidien, le 3018 s’appuie sur un dialogue constant avec les réseaux sociaux et les plateformes du web. Les situations sont traitées en temps réel : en moyenne, 150 cas par jour, dont une trentaine sont signalés directement pour obtenir la suppression de contenus problématiques ou la fermeture de comptes auteurs de harcèlement. Cette coordination resserrée multiplie les chances d’une intervention efficace et rapide, avant que la situation ne s’aggrave pour les jeunes touchés.

Comment le 3018 accompagne et protège les jeunes victimes et témoins

Le 3018 dépasse la simple écoute téléphonique : il accompagne chaque jeune, victime ou témoin, grâce à différents points de contact, téléphone, site internet dédié, appli mobile, email, messageries instantanées. Chaque demande bénéficie d’une réponse adaptée, portée par des professionnels du soutien psychologique et juridique.

Voici comment le 3018 accompagne concrètement chaque situation signalée :

  • L’écoute anonymisée et confidentielle : chacun peut parler sans peur d’être jugé ou trahi.
  • L’accompagnement juridique : des conseils sont donnés pour conserver les preuves, comprendre les délais, déposer plainte si nécessaire.
  • L’action sur les réseaux : les équipes du 3018 font le lien avec les grandes plateformes pour retirer rapidement les contenus blessants ou offensants.
  • Le relais aux autorités compétentes : si la situation l’impose, le dossier est transmis à l’aide sociale à l’enfance, à la police ou à la gendarmerie.

La prise en charge concerne toutes les facettes du cyberharcèlement : insultes, menaces, chantage à la webcam, usurpation d’identité, partage de photos ou vidéos sans accord. Un coffre-fort numérique intégré à l’application permet d’enregistrer et de sécuriser les captures ou messages gênants, utiles pour les démarches de protection. Les adolescents qui sollicitent le 3018 ont en moyenne 13 ou 14 ans, et la plateforme traite près de 150 situations chaque jour, preuve d’une confiance grandissante. Un accompagnement spécifique existe aussi pour les familles et les établissements, pour sortir les jeunes de l’isolement et reconstruire un sentiment de sécurité.

Jeune femme vérifiant sa boîte aux lettres dans un immeuble parisien

Ressources, conseils et actions concrètes pour agir contre le harcèlement à l’école

Le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement frappent toujours aussi fort. Des associations, des programmes pédagogiques et des compagnies d’assurance se mobilisent pour inverser la tendance. L’association e-Enfance intervient dans les collèges et lycées pour sensibiliser aux dangers, expliquer les mécanismes du harcèlement et encourager chacun à parler dès les premiers signes. Les animations s’appuient sur des outils concrets pour repérer, comprendre, puis agir collectivement.

Le dispositif national Internet Sans Crainte propose différents supports, ateliers, fiches, vidéos, à destination des élèves, enseignants et parents. L’objectif : donner des clés pour mieux comprendre les réseaux sociaux, gérer sa réputation en ligne ou anticiper le moindre dérapage. Ces ressources sont pensées pour s’adapter à tous les profils, du pré-ado à l’adulte accompagnant.

Côté assurance scolaire, la MAE s’est adaptée à la réalité numérique en intégrant explicitement la couverture contre le cyberharcèlement. Cela inclut un accompagnement psychologique, une assistance juridique, et un appui pour constituer, si besoin, tout dossier utile à la défense des droits d’un enfant.

Pour concrétiser l’accompagnement, plusieurs réflexes sont à avoir en tête :

  • Signaler la situation à un adulte de confiance, qu’il s’agisse du professeur principal, du CPE, de l’assistante sociale ou encore directement du 3018.
  • Utiliser les guides et ressources officielles accessibles sur les sites institutionnels dédiés à l’éducation et à la lutte contre le harcèlement.
  • Solliciter les référents harcèlement présents dans chaque académie ou l’équipe éducative pour toute question ou inquiétude.

C’est en unissant les forces de chacun, enseignants, personnels, parents, que le harcèlement recule. Se former et agir collectivement, rompre l’isolement et diffuser des infos vérifiées, voilà ce qui dessine la véritable riposte. 3018 reste au cœur de cette mobilisation, prêt à répondre, et à épauler sans relâche pour que chaque élève sache qu’il n’est plus seul.

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